Juste une illusion : on a adoré, et voilà pourquoi

Le nouveau film de Toledano et Nakache nous a pris complètement par surprise. On pensait voir une comédie sympa sur les années 80, et on est ressortis de la salle avec les yeux un peu brillants. Juste une illusion m'a séduit

user avatarArnaud Series3 min de lecture
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Le nouveau film de Toledano et Nakache nous a pris complètement par surprise. On pensait voir une comédie sympa sur les années 80, et on est ressortis de la salle avec les yeux un peu brillants.


Honnêtement, je suis allé voir ce film sans trop savoir à quoi m'attendre. Le duo Toledano-Nakache, c'est IntouchablesLe Sens de la fête… des films populaires et sympas, mais pas forcément ceux qui vous restent dans la tête des semaines après. Eh bien là, c'est différent. Juste une illusion m'a vraiment surpris, et en bien.


C'est quoi l'histoire ? (Sans spoil, promis)


On est en 1985, en banlieue parisienne. Vincent a presque 13 ans, il vit avec ses parents qui se disputent pas mal, et un grand frère qui n'a pas vraiment le temps de s'occuper de lui. C'est l'âge où on n'est plus un gamin mais pas encore un adulte — ce moment un peu flottant où on commence à voir les failles chez les gens qu'on aime. Le film suit Vincent dans cette période, ses premières questions sur la vie, l'amour, la famille, l'identité. Sans en faire des tonnes.

Je ne vais pas vous spoiler la suite, mais sachez que le scénario est bien construit et qu'il y a quelques moments qu'on ne voit vraiment pas venir. Dans le bon sens.


Ce qui m'a vraiment touché


Ce film, il fait quelque chose d'assez rare : il vous fait rire et vous serre le cœur dans la même scène, parfois dans la même réplique. Il y a une scène avec le père coincé dans un embouteillage à écouter la radio — je ne vais pas vous en dire plus — qui est à la fois très drôle et un peu mélancolique. Ce genre de séquences, il y en a plusieurs, et elles sonnent toutes super justes.

Les années 80 sont là, mais jamais pour faire joli. Chaque détail existe pour raconter quelque chose sur les personnages.

La reconstitution de l'époque est vraiment bien faite, on retrouve les intérieurs de l'époque, les Renault, la radio RTL en fond sonore… Mais ça ne vire jamais au musée. Les réalisateurs utilisent cette époque pour parler de trucs universels : les illusions qu'on se fabrique, les rêves qui se cognent à la réalité, les familles qui font de leur mieux même quand elles se ratent.


Le casting, parlons-en


Louis Garrel en père de famille, franchement je n'y croyais pas trop sur le papier. Et pourtant il est vraiment bien. Il incarne un homme fier, parfois un peu (pas mal) ridicule, attachant malgré ses défauts. Camille Cottin est comme toujours une présence folle à l'écran — il y a une scène de danse qui apparemment est née d'une improvisation, et ça se voit, dans le bon sens.

Mais la vraie révélation c'est le jeune Simon Boublil dans le rôle de Vincent. Il porte le film avec un naturel bluffant. Son regard sur le monde des adultes, cette façon qu'il a de tout observer sans tout comprendre — c'est lui le cœur du film, et il assure.


Quelques petites réserves quand même


Soyons honnêtes : le film n'est pas parfait. La fin est un tout petit peu trop ronde à mon goût, un peu trop propre. Et certains personnages secondaires auraient mérité un peu plus d'espace. Mais ce sont de petits détails face à l'ensemble, et ça n'enlève rien au plaisir de la séance.


Faut-il y aller ?


Oui, clairement. Juste une illusion est le genre de film que je recommande sans hésiter, à peu près à tout le monde. Que vous ayez connu les années 80 ou pas, que vous aimiez les comédies dramatiques ou pas — il y a quelque chose pour vous là-dedans. Un film généreux, sincère, qui fait passer par plein d'émotions sans jamais forcer. C'est assez rare pour être souligné.


En sortant, j'ai eu envie d'appeler ma famille. Je pense que c'est le meilleur résumé que je puisse faire.